La Boutique du Chasseur
Une arme se nettoie après chaque sortie, et davantage encore après un tir en grenaille d'acier ou sous la pluie. L'ordre des opérations compte autant que les produits employés.
Le solvant dissout les résidus de poudre et les dépôts métalliques ; il agit par le temps de pose, pas par la force du frottement. L'écouvillon se passe toujours de la chambre vers la bouche, pour ne pas ramener les résidus vers la culasse ni marquer la couronne.
La brosse bronze décolle ce que le solvant a ramolli, le chiffon absorbe, et l'huile ne vient qu'en dernier, en film mince : un canon gras attire l'humidité et fait varier les premiers coups.
Les pièces mobiles — verrou, culasse, éjecteurs — demandent une graisse plutôt qu'une huile, qui migre. Le bois se traite à l'huile de lin ou à la cire, jamais au solvant.
La bretelle libère les mains en marche et change complètement une journée de billebaude. Elle suppose des grenadières posées correctement : sur beaucoup d'armes elles se vissent, sur d'autres elles demandent une reprise d'armurier.
La gibecière et la cartouchière répartissent le poids sur les hanches plutôt que sur une épaule. Une cartouchière qui présente les culots vers le haut se recharge sans regarder, ce qui se remarque au passage du gibier.
Pour le transport en véhicule ou en train, la housse souple protège des chocs légers ; la mallette rigide est seule admise par les compagnies aériennes et se ferme à clé.
Le bipied convient au tir couché sur terrain régulier et se fixe au puits de grenadière. Il ne sert à rien en végétation haute, où l'obstacle n'est pas la fatigue mais la ligne de vue.
La canne de pirsch, à un, deux ou trois brins, se déploie debout ou à genou et absorbe le tremblement sans immobiliser le tireur. Trois brins donnent la meilleure stabilité, un brin la mise en œuvre la plus rapide.
Le trépied se réserve à l'affût et à l'observation prolongée, avec une rotule qui autorise le suivi d'un animal en déplacement.
Deux armes identiques se comportent différemment selon la morphologie du tireur : la crosse en décide. La plaque de couche fixe la longueur, donc la place de l'épaule et du doigt sur la détente.
Le busc détermine la hauteur de la joue, donc celle de l'œil, donc la ligne de visée. Une arme qui tire systématiquement à côté ne se corrige pas à l'entraînement : elle se reprend au bois, et le contrôle se fait au patron de tir.
Les armes conservées au domicile relèvent d'obligations de stockage propres à leur classement ; un coffre-fort dimensionné pour les longueurs de canons répond à cette exigence.