La Boutique du Chasseur
Une boîte de cartouches porte en clair les quatre informations qui décident de son emploi. Aucune ne se devine, et aucune ne se remplace par l'habitude.
Le calibre doit correspondre à celui gravé sur le canon, sans exception. La longueur de douille — 65, 67,5, 70 ou 76 mm — ne doit jamais dépasser la longueur de chambre de l'arme : une douille trop longue ouvre mal son sertissage et fait monter la pression au-delà de ce pour quoi l'arme a été éprouvée.
La masse de grenaille, de 24 à 50 grammes en calibre 12, se choisit avec le poids de l'arme autant qu'avec le gibier. Une charge lourde dans un fusil léger se paie intégralement au recul, et un tireur qui appréhende le départ du coup manque sa cible.
Le numéro de plomb varie en sens inverse de la taille du grain. Les gros numéros portent beaucoup de grains fins et conviennent au petit gibier ; les petits numéros concentrent moins de grains plus lourds, pour le gibier de taille et les distances longues.
L'interdiction du plomb en zone humide a installé les grenailles d'acier, plus dures et moins denses. À efficacité égale elles demandent un grain plus gros, et elles imposent de vérifier deux points sur l'arme avant le premier tir.
Le poinçon fleur de lys gravé sur les canons atteste qu'ils sont éprouvés pour l'acier. Le choke doit par ailleurs rester ouvert : un rétreint serré supporte mal une grenaille qui ne se déforme pas en traversant le canon.
Les alliages de substitution — bismuth, tungstène, zinc — retrouvent une densité voisine de celle du plomb et se comportent comme lui dans les canons anciens ou faiblement chokés. Le prix à la cartouche est sensiblement plus élevé.
Recharger, c'est maîtriser soi-même l'amorce, la charge et le sertissage. La régularité obtenue sur une série dépasse souvent celle du commerce, et le coût à la cartouche baisse dès que la douille est réemployée.
L'atelier tient en quelques pièces : une presse, un jeu d'outils de calibrage au format de la douille, une balance et un doseur. Lee Precision et Lyman couvrent l'essentiel des besoins en percussion centrale comme en canon lisse.
Peser chaque charge n'est pas une précaution de perfectionniste : c'est ce qui sépare une série homogène d'une pression imprévisible. Un carnet de charges tenu à jour vaut mieux que la mémoire.
Les munitions craignent l'humidité, qui attaque les amorces, et les écarts de température répétés. Une boîte de rangement rigide protège les sertissages et évite que les culots se marquent les uns contre les autres.
Le stockage se fait au sec, à l'écart des armes, dans un contenant fermé. Une munition dont le culot est corrodé ou dont la douille est fendue se met de côté : elle ne se tire pas pour voir.
L'acquisition de munitions est subordonnée à la présentation des titres correspondant à leur classement, dont les modalités dépendent du pays de livraison.